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en cette fin Septembre 2009.
Nous sommes sur un côteau d'un même cépage
appartenant à deux propriétaires
aux pratiques "différentes"
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A ma gauche, un rang de vigne séparé de son suivant par...rien, le sol à l'état brut, pas même une herbe. il
s'agit d'un raisin (hélas) classique : il porte jusqu'à 36 grappes par pied (ce qui est énorme), les feuilles sont encore vertes et fournies (donc beaucoup d'engrais), les raisins sur les grappes
sont serrés, à tel point que la pourriture a réussi à s'y développer alors qu'il fait sec depuis la mi-juillet (pas une goutte de pluis depuis le 23 août).
Et lorsque je goute ce raisin, il est d'une acidité tranchante, verte, âpre, et les arômes sont, pour être très poli, extrêmement discrets.
A ma droite, un rang de vigne séparé de son voisin par des mauvaises herbes, encore des fleurs en cette vendange tardive, les feuilles commencent à virer au jaune. Ici, pas d'amendement pour "pousser" la vigne. Les grappes sont
clairsemées. Les baies ne sont pas serrées. Les raisins ont été taillés et ébourgeonnés au printemps, et ça a suffit. Lors de la légère grêle en Juin, on y a écarté, à la main, chaque
grain qui était abimé. La verdure est clairsemée de telle façon que le vent (2009 une année à vent) a pu sécher l'ensemble lors des épisodes pluvieux (première quinzaine de
Juillet).
Pas d'engrais, ni herbicide, ni pesticide.
Ici, le grain de raisin est gouteux, parfumé, riche d'arômes déjà complexes, une belle acidité.
A un mètre de différence, la différence de qualité de matière première saute aux yeux, et au palais, de n'importe
qui. Car mieux que tous les discours, le raisin en bouche coupe court à tous les discours.
Mais poursuivons....d'un côté des vendanges à la machine à vendanger, qui secoue violemment les pieds, qui éclate certaines baies, le tout est déversé dans une benne de grosse contenance où le raisin est écrasé, le jus est déjà en contact avec l'oxygène. Au fond de la benne, une vis sans fin qui triture le raisin, puis un angle droit et un tuyau de section réduite par lequel le raisin, compressé, doit sortir.
De l'autre côté, des sceaux remplis délicatement par des vendangeurs armés de sécateurs fins, puis quasiment posé (j'ai vu faire) dans des botiches, le raisin est sain et aucun grain n'est eclaté, ces raisins qu'on amènera directement et immédiatement dans le pressoir.
On continue ??? Celui qui aura des raisins "stérilisés" car sur-traités dans un sol mort, au rendement trop élevé et donc dilué, sans arômes, avec la pourriture qui s'y est installée, emploiera, pour faire un vin potable, des levures aromatiques et une bonne partie de la panoplie des 44 produits qu'on a le droit d'employer lors de la vinification. Mais où est le terroir là dedans ???
Au contraire, celui qui aura pris soin d'une vigne saine n'aura pas besoin de levures aromatiques, ni de la panoplie des produits du parfait petit chimiste-œnologue.
Seul un des deux gars est fier de son vin, et ses clients sont des bienheureux car, un jour béni, les bons vins se vendront autant de fois plus cher qu'ils ne le valent en qualité. C'est tout ce qu'on peut souhaiter.
PS : Je ne dirai pas ici si l'un est bio ou non, car bio ne veut pas dire bon.
PS2 : Mais par contre, l'un est bon, l'autre non, devinez lequel ?
Tout d'abord, la Couronne d'Or est cette région
viniticole alsacienne -trop méconnue- tout au Nord de la route du vin, dans le Bas-Rhin. Fief viticole de Strasbourg depuis le Moyen-Age, nous y trouvons les premiers Grand Crus d'Alsace, tel
l'Altenberg de Bergbieten par exemple (avec l'Engelberg, l'Altenberg de Wolxheim et le Steinglotz)
Puis nous attaquames la montée du Altenberg. Ce fut
l'occasion pour l'amateur de vin de confirmer certaines évidences : la maturité sur les versants moins bien exposés est très nettement inférieure aux autres; Le terroir Grand Cru ne vole pas son
prestige dès la baie de raisin sur pied; moins courant, une ligne de Gewurtztraminer derrière un rang de cépage sec, sur l'Altenberg ... prometteur !
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